24/5/24

Notre directrice de la Protection Sociale réagit à la hausse des tarifs de mutuelles en 2024 sur le plateau de BFM Business

Les tarifs des mutuelles pourraient connaître une augmentation allant de 8 à 12,5% en 2024. Catherine Colombie, directrice de la Protection Sociale chez Spartes, a partagé son point de vue sur cette hausse lors d'un débat sur BFM Business.

« Ce n’est pas une nouveauté, on parle de désengagement de la Sécurité Sociale déjà depuis plus de 20 ans. La nouveauté cette année c’est qu’elle est assez drastique » souligne Catherine Colombie. Elle met en lumière l'impact de cette hausse de 10% non seulement sur le budget des employés, mais aussi sur les entreprises, les contraignant à la subir.

La justification de la hausse des tarifs

Les mutuelles affirment que cette augmentation est inévitable. Une réunion a eu lieu en décembre avec Aurélien Rousseau, ex-ministre de la Santé qui s'efforçait de persuader les mutuelles de limiter cette hausse. La confrontation était tendue.

Pour les régimes de mutuelles, la cause de cette hausse est l'inflation, mais surtout l'explosion des dépenses de santé des Français.

Quel est l’impact de cette hausse sur les entreprises ?

La part du budget dédié à la protection sociale pour les entreprises, incluant mutuelles et prévoyances, représente environ 5% de lamasse salariale, avec une forte incidence de la mutuelle.

Ainsi, cette augmentation de 10% des tarifs de mutuelles équivaut à environ 0,5% de la masse salariale.

Surpaiement par les entreprises

Il faut noter que les entreprises paient 15% de trop en moyenne par rapport à ce qui est consommé par les salariés, mais pourquoi ?

  • Le rôle de l'assureur en mutuelle est comparable à celui d'une banque, ajustant les tarifs en fonction des dépenses de l'entreprise cliente.
  • Siles dépenses médicales dépassent les cotisations perçues, l'assureur augmente les tarifs avec une marge pour anticiper des hausses futures.
  • Les tarifs peuvent augmenter plus rapidement que les dépenses, basés sur des années passées et des hypothèses futures.
  • Les frais d'intermédiation peuvent augmenter le coût de la mutuelle, nécessitant une vigilance accrue des entreprises.

Comment les entreprises peuvent-elles réduire leurs coûts sans diminuer la protection santé de leurs salariés ?

Catherine souligne l’importance de la réduction des coûts liés à la protection sociale, et partage 4 leviers à actionner :

  • Contrôler l'utilisation de chaque ligne de garanties avec l'aide d'un conseiller.
  • Utiliser des réseaux de soins optiques pour des tarifs de verre négociés sans compromettre la qualité.
  • Renforcer les actes de prévention pour éviter des dépenses médicales futures.
  • Adapter la structure de cotisation en fonction des caractéristiques de la population salariée.

Dans ce contexte tendu, certaines entreprises envisagent de revoir les prestations médicales offertes. Cependant, il est crucial pour les entreprises de naviguer à travers ces défis complexes avec l'aide d'experts. Un cabinet de conseil spécialisé peut jouer un rôle essentiel pour optimiser les contrats de mutuelle et prévoyance, offrant des solutions sur mesure afin de garantir la protection santé des salariés tout en maîtrisant les coûts. En effet, cette collaboration peut s'avérer déterminante pour assurer la viabilité financière des entreprises dans un paysage où les dépenses de santé augmentent plus rapidement que le PIB, menant potentiellement à des déficits inquiétants dans le système de santé.