12/2/26
Spartes x Les Echos - Les complémentaires santé
Complémentaires santé : l’Etat a réagi face aux augmentations abusives, au tour des entreprises de se faire entendre
L’Etat l’a officiellement affirmé : les complémentaires santé ont exagérément augmenté leurs tarifs en 2024 et 2025. Les entreprises, qui ont subi ces hausses, doivent aujourd’hui se faire entendre de ces organismes et renégocier leurs contrats. Elles doivent se saisir de cette opportunité avant que les complémentaires santé n’appliquent, dès 2027, de probables nouvelles hausses.
La discussion, longue et tendue, a fini par aboutir : l’État va bien appliquer une surtaxe de 1,1 milliards d’euros aux complémentaires santé, estimant qu’elles ont pratiqué des hausses de tarifs injustifiées ces deux dernières années. Il faut reconnaître que ces organismes ont eu la main lourde : leurs tarifs ont augmenté de 8 % en 2024, puis de 6% en 2025.
A l’époque, les complémentaires santé avaient justifié ces hausses en expliquant que le désengagement annoncé de la Sécurité sociale allait faire augmenter leurs charges. Mais voilà : ce désengagement s’est avéré beaucoup plus faible que prévu.
D’où la double décision de l’Etat aujourd’hui : d’une part, appliquer aux complémentaires santé une taxe exceptionnelle, sorte de remboursement du trop perçu de ces deux dernières années, et, d’autre part, leur interdire d’augmenter leurs tarifs en 2026.
Une correction indispensable ? Sans doute. Mais ce sont avant tout les entreprises qui ont supporté ces hausses tarifaires. Aujourd’hui, puisque ces augmentations deviennent officiellement reconnues comme injustifiées, les entreprises et leurs salariés doivent utiliser ce nouvel argument face aux complémentaires santé pour renégocier leurs contrats. D’abord, parce que personne ne mènera cette action à leur place.
Ensuite, parce que les complémentaires santé, s’étant vu interdire toute augmentation en 2026, chercheront très probablement à se rattraper en 2027… et donc à imposer de nouvelles hausses aux assurés. Il s’agit donc, pour les entreprises, de repartir sur de bonnes bases dès aujourd'hui, voire de récupérer les montants indûment appliqués. Et de profiter d’une situation historiquement favorable : il reste rare en effet que des augmentations tarifaires se trouvent officiellement reconnues comme injustifiées par la puissance publique.
Revoir les contrats pour également s’assurer de leur adéquation avec les besoins des salariés
Ces négociations fourniront également l’occasion, pour les entreprises, de revoir en détail les garanties auxquelles elles ont souscrit, pour vérifier ce que les salariés ont effectivement consommé : il arrive fréquemment que certaines paient pour des garanties inutiles.
Le grand classique ? Le salarié célibataire, sans enfant, acquittant chaque mois une protection “famille”, coûteuse pour lui aussi bien que pour son employeur. Très fréquent aussi, le cas de salariés ne consultant que des médecins conventionnés, mais payant pour une garantie “dépassement d’honoraires” qu’ils n’utilisent jamais. Au total, on estime que les entreprises et leurs salariés paient 15% trop cher leur complémentaire santé, par rapport aux prestations réellement consommées.
C’est pourquoi il importe, pour toute entreprise, de régulièrement remettre à plat ses contrats, de vérifier leur adéquation aux besoins des salariés et de faire jouer la concurrence. Cette année, le contexte exceptionnel doit, plus que jamais, pousser à l’action.
Après avoir subi les hausses de tarif pendant des années, les entreprises doivent se saisir de cette occasion pour s’assurer qu’elles, comme leurs collaborateurs, paient bien le prix correspondant à leurs besoins. Une action d’autant plus indispensable que le sujet est suivi de très près par les salariés : 79% d’entre eux considèrent comme déterminantes les actions mises en place par l’entreprise pour prendre soin de leur santé. Raison de plus pour calibrer et personnaliser ces actions et les garanties offertes, et ainsi renforcer l’engagement des équipes.
Catherine Colombie, Associée - Directrice Protection Sociale chez Spartes

