Les charges salariales et charges patronales regroupent l’ensemble des cotisations sociales obligatoires prélevées sur le salaire brut pour financer la protection sociale en France. Ces contributions couvrent les principaux risques : maladie, retraite, chômage, accidents du travail, mais aussi d'autres dispositifs liés au coût du travail.
Comprendre le calcul des charges sociales et leur répartition entre employeur et salarié est essentiel pour connaître le coût réel d’un salaire et anticiper son impact sur la masse salariale. Spartes vous explique en détail tout ce qu’il faut savoir.
Charges salariales et patronales : définition
C’est quoi les charges salariales ?
Les charges salariales et patronales incluent notamment les cotisations salariales, c’est-à-dire les prélèvements sociaux directement appliqués sur le salaire brut d’un employé. Elles permettent de financer les régimes de protection sociale et représentent en moyenne entre 20 et 25% du salaire brut. Parmi ces cotisations sociales obligatoires, on retrouve :
- les cotisations de Sécurité sociale (assurance maladie, maternité, invalidité, décès)
- les cotisations de retraite de base et complémentaire (Agirc-Arrco)
- les contributions sociales, telles que la CSG et la CRDS, qui contribuent au financement de la protection sociale
Ces charges apparaissent chaque mois sur la fiche de paie et leur montant varie selon le statut du salarié et les règles applicables. Par exemple, pour un salaire brut de 1 600 €, un salarié verse environ 400 € de cotisations salariales (environ 25 %). Résultat : son salaire net avant impôt atteint environ 1 200 €.
Pour un salarié, bien comprendre les charges salariales et patronales permet de mieux anticiper l’impact des cotisations sur son pouvoir d’achat et de comprendre clairement le passage du salaire brut au salaire net.
C’est quoi les charges patronales ?
Les charges patronales correspondent aux cotisations sociales versées directement par l’employeur en complément du salaire brut. Elles financent les dispositifs essentiels de la protection sociale : sécurité sociale, retraite, allocations familiales, assurance chômage, accidents du travail et maladies professionnelles.
Si elles n’ont aucun impact sur le salaire net du salarié, les charges patronales influencent fortement le coût du travail. Elles déterminent le coût réel d’un poste pour l’entreprise. En général, les charges patronales représentent 25 % à 42 % du salaire brut, avec une moyenne de 30%. Concrètement, un salarié rémunéré 1 600 € brut peut coûter jusqu’à 2 200 € à l’employeur.
Comprendre et parfois optimiser les charges salariales et patronales est donc indispensable pour maîtriser son budget et anticiper le coût global d’un recrutement.
Quelles sont les différentes charges salariales et patronales ?
Les types de charges salariales
Les charges salariales regroupent l’ensemble des cotisations directement prélevées sur le salaire brut du salarié. Elles permettent de financer sa protection sociale et se composent de diverses cotisations. Voyons ensemble le détail.
Cotisations de Sécurité sociale
Elles couvrent l’assurance maladie, la maternité, l’invalidité et le décès, ainsi que le régime général de retraite obligatoire. Ces cotisations garantissent au salarié une couverture essentielle en cas de problème de santé ou lors de son départ à la retraite.
L’assurance vieillesse (incluse dans le régime de retraite) se compose de deux cotisations distinctes :
- Assurance vieillesse plafonnée : prélevée au taux de 6,90 % sur la partie du salaire limitée au plafond de la Sécurité sociale (3 925 € / mois en 2025). Cette cotisation plafonnée est contributive, elle permet de calculer la pension.
- Assurance vieillesse déplafonnée : prélevée au taux de 0,40 % sur l’intégralité du salaire brut. Cette cotisation déplafonnée est non contributive, elle n’augmente pas les droits mais contribue à l’équilibre financier du système.
Cotisations de retraite complémentaire (Agirc-Arrco)
Tous les salariés cotisent à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, qu’ils soient cadres ou non. Ces cotisations salariales viennent s’ajouter aux cotisations pour la pension de base et réduisent le salaire net.
Le calcul se fait selon deux tranches de salaire brut :
- Tranche 1 : jusqu’à 3 925 € brut par mois, au taux de 3,15 % ;
- Tranche 2 : entre 3 925 € et 31 400 € brut par mois, au taux de 8,64 %.
À cela s’ajoutent la CEG (Contribution d’Équilibre Général), prélevée à 0,86 % sur la tranche 1 et 1,08 % sur la tranche 2, ainsi que la CET (Contribution d’Équilibre Technique) à 0,14 % qui s’applique à tous les salariés dont le plafond est supérieur au plafond de la sécurité sociale.
Ces cotisations garantissent donc au salarié un complément indispensable à la retraite de base.
Contributions sociales (CSG/CRDS)
La CSG (Contribution Sociale Généralisée) et la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) font partie des charges salariales et représentent une part importante des prélèvements sociaux, récupérés sur la rémunération du salarié.
Elles contribuent au financement de la protection sociale et au désendettement de la Sécurité sociale.
En 2025, leur calcul repose sur la même assiette : 98,25 % du salaire brut, portée à 100 % lorsque la rémunération annuelle dépasse 188 400 €. Cela correspond au plafond annuel de la sécurité sociale x4 en 2025 et a vocation à évoluer en 2026.
Les taux appliqués sont les suivants :
- CSG : 9,2 %, dont une partie déductible et une partie non déductible du revenu imposable ;
- CRDS : 0,5 %, totalement non déductible.
Cotisations liées à l'emploi
La cotisation APEC (Agence Pour l’Emploi des Cadres) s’applique uniquement aux salariés cadres dont le salaire brut est inférieur ou égal à 15 700 € par mois. Son taux est fixé à 0,024 %.
Les types de charges patronales
Les charges patronales sont des cotisations sociales payées par l’employeur. Elles financent la sécurité sociale, la retraite, l’assurance chômage, les allocations familiales et d’autres dispositifs sociaux, et constituent une part importante du coût du travail pour l’entreprise. Voyons quelles sont les cotisations en détail.
Cotisations d’assurance maladie
L’employeur participe directement au financement des soins de santé de ses salariés via plusieurs cotisations patronales. Parmi elles :
- Assurance maladie : taux standard de 13 % sur le salaire brut, ou taux réduit de 7 % lorsque la rémunération n’excède pas 2,25 SMIC ;
- Contribution solidarité autonomie (CSA) : prélevée au taux de 0,3 % sur le salaire total, pour financer les actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et handicapées.
Cotisations d’assurance vieillesse
Les cotisations de retraite de base assurent le financement des pensions pour l’ensemble des salariés. Elles se composent de deux volets :
- Assurance vieillesse plafonnée : prélevée au taux de 8,55 % sur la partie du salaire comprise entre 0 et 3925 € par mois ;
- Assurance vieillesse déplafonnée : prélevée au taux de 2,02 % sur l’intégralité du salaire, sans limite de montant.
Cotisations d’allocations familiales
Les cotisations pour les allocations familiales, qui font partie des charges patronales, sont prélevées sur le salaire total à un taux de 5,25 %, ou au taux réduit de 3,45 % lorsque la rémunération n’excède pas 3,3 fois le SMIC. Ces contributions alimentent la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) et permettent le versement de prestations sociales aux familles, telles que les allocations mensuelles, les aides à la garde d’enfants et autres prestations liées à la parentalité.
Cotisations chômage
Les cotisations de l’assurance chômage financent l’indemnisation des demandeurs d’emploi et garantissent un revenu de remplacement en cas de perte d’activité. Depuis mai 2025, la cotisation chômage est prélevée au taux de 4 % sur le salaire mensuel, dans la limite de 188 400 € par an (soit 4 fois le plafond annuel de la sécurité sociale pour 2025).
À cela s’ajoute la cotisation au Fonds de Garantie des Salaires (AGS), fixée à 0,25 %, également plafonnée à 188 400 €, qui assure le paiement des salaires en cas de défaillance de l’employeur et donc de perte d’emploi involontaire. Ces contributions font partie intégrante du coût du travail pour l’entreprise.
Cotisations d’accident du travail et maladies professionnelles (AT/MP)
Les cotisations accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) couvrent les salariés victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Leur taux varie selon le secteur d’activité, le niveau de risques professionnels et la taille de l’entreprise, et Il est fixé par la CARSAT. Ces cotisations permettent à l’employeur de protéger ses salariés tout en respectant les obligations légales de protection sociale. Bonne nouvelle : elles peuvent être optimisées, sans incidence sur les salariés.
Cotisations retraite complémentaire
Tout comme pour les charges salariales, l’employeur participe au financement de la retraite complémentaire obligatoire Agirc-Arrco, qui s’ajoute à la pension de base.
Depuis la fusion des régimes Agirc-Arrco, il n’y a plus de différence entre les cadres et non cadres, les taux de cotisation sont donc les suivants :
- Tranche 1 : entre 3 925 et 31 400 €, au taux de 4,72%
- Tranche 2 : entre 47 100 € et 376 800 €, au taux de 12,95%
À ces cotisations s’ajoutent la CEG (Contribution d’Équilibre Général), prélevée à 1,29 % sur la tranche A et 1,62 % sur la tranche B, ainsi que la CET (Contribution d’Équilibre Technique) à 0,21 %.
Autres contributions patronales
Outre les cotisations principales, l’employeur supporte plusieurs charges patronales obligatoires pour assurer la protection sociale et le développement des salariés :
- Assurance décès (cadres) : prélevée au taux de 1,5 % sur la partie du salaire brut allant jusqu’à 3 666 € / mois, dans le cadre du régime de prévoyance.
- Formation professionnelle : contribution fixée à 0,55 % pour les entreprises de moins de 11 salariés et 1 % pour celles de 11 salariés et plus, destinée au financement de la formation continue.
- Taxe d’apprentissage : composée d’une part principale à 0,59 % pour soutenir l’apprentissage et d’un solde à 0,09 % pour les dépenses libératoires, soit un total de 0,68 %, appliqué sur la masse salariale.
- Aide au logement (FNAL) : taux de 0,10 % pour les entreprises de moins de 50 salariés et 0,50 % pour celles de plus de 50, appliqué sur le salaire brut jusqu’à 3925€.
- Versement mobilité : applicable aux entreprises de plus de 11 salariés, avec un taux variable selon le périmètre géographique, destiné à financer les transports collectifs et la mobilité professionnelle (détails).
Ces contributions font partie intégrante des charges patronales et influencent directement le coût total d’un salarié pour l’entreprise, tout en garantissant des dispositifs essentiels pour les employés.
Comment sont calculées les charges salariales et patronales ?
Comment calculer ses charges salariales en 2025 ?
Le calcul des charges salariales se fait sur la totalité du salaire brut, incluant le salaire fixe, les primes, indemnités, avantages en nature, heures supplémentaires et indemnités journalières. Chaque cotisation applique un taux spécifique en vigueur sur son assiette.
La formule est la suivante : Montant d’une charge salariale = Base × Taux.
Certaines cotisations, comme l’assurance vieillesse plafonnée, s’appliquent uniquement jusqu’au plafond mensuel de la Sécurité sociale (3 925 €/mois), tandis que la CSG ou la CRDS concernent presque tout le salaire brut (98,25 % ou 100 % au-delà d’un certain seuil).
Bon à savoir
Le total des prélèvements est déduit du salaire brut pour obtenir le salaire net, soit la somme réellement perçue par le salarié.
Comment calculer ses charges patronales ?
Les charges patronales sont calculées sur le salaire brut et représentent généralement 25 à 42 % du salaire, selon le niveau de rémunération, la catégorie du salarié et le secteur d’activité. Certaines cotisations, comme les allocations familiales ou l’assurance maladie, s’appliquent sur la totalité du salaire brut, tandis que d’autres, comme l’assurance vieillesse plafonnée ou les cotisations chômage, ne concernent qu’une tranche limitée.
La formule est la suivante : Montant de chaque charge = Assiette × Taux.
Le total des charges patronales s’ajoute au salaire brut pour déterminer le coût salarial réel de l’employeur. Un simulateur de charges peut aider à estimer ce coût.
Qui paie les charges salariales et patronales ?
Les charges salariales sont payées par le salarié mais prélevées sur le salaire brut par l’employeur, réduisant ainsi le salaire net. L’employeur collecte ces cotisations (santé, retraite, CSG/CRDS) et les reverse aux organismes sociaux comme l’URSSAF ou les caisses de retraite.
Les charges patronales sont entièrement à la charge de l’employeur, s’ajoutent au salaire brut et constituent un coût supplémentaire pour l’entreprise. Elles doivent être intégrées au budget global de rémunération pour anticiper le coût réel d’un salarié.
Pourquoi paie-t-on des charges patronales ?
Les charges patronales sont versées par l’employeur afin de financer les caisses publiques, notamment la Sécurité sociale, qui assurent la protection des salariés en matière de santé, de retraite, d’assurance chômage et d’autres prestations sociales. Ces cotisations permettent de garantir un système de protection sociale collectif efficace, répartissant équitablement le financement entre les employeurs et les salariés tout en assurant la pérennité des dispositifs publics.
Quelles évolutions et dispositifs d’allègements ?
Les ajustements législatifs récents
La Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour 2025 a posé les base d’une importante réforme des allégement généraux des cotisations patronales. Le décret n° 2025-887 du 04 septembre 2025 vient préciser préciser les dispositions nécessaires pour la mise en oeuvre de cette réforme pour 2026. Voici notamment les grands changements :
- Les plafonds d’éligibilité ont été abaissés, par exemple pour l’allègement maladie : 2,25 fois le SMIC au lieu de 2,5.
- Depuis le 1er mai 2025, le coefficient T de la réduction générale des cotisations patronales est fixé à 0,3193 pour les entreprises de moins de 50 salariés et 0,3233 pour celles de 50 salariés et plus.
- Le taux de la cotisation chômage employeur a été ajusté, passant de 4,05 % à 4,00 % pour certaines assiettes.
La loi de financement de la Sécurité sociale 2025
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 a actualisé certains paramètres, comme les plafonds d’éligibilité et le coefficient T, afin d’assurer l’équilibre financier du dispositif et de contenir les exonérations.
La réduction générale des cotisations (ex-réduction Fillon)
La réduction générale des cotisations patronales, anciennement appelée réduction Fillon, vise à alléger les charges des bas et moyens salaires.
Elle s’applique selon le coefficient T, qui dépend de la rémunération et du SMIC, et concerne certaines cotisations patronales, comme celles pour la maladie ou les allocations familiales.
Pour les entreprises de moins de 50 salariés, le coefficient est 0,3193, et pour les autres, 0,3233, selon le barème de l’URSSAF.
Autres dispositifs d’exonération ou de réduction
Certaines embauches peuvent bénéficier d’exonérations spécifiques, notamment :
- les contrats d’apprentissage ;
- les contrats aidés ;
- les jeunes entreprises innovantes (JEI) ;
- les entreprises situées dans des zones prioritaires.
Des dispositifs sectoriels ou locaux peuvent également s’appliquer selon les conventions collectives. La réduction générale reste l’un des outils les plus larges, mais d’autres allègements peuvent intervenir pour soutenir l’emploi et réduire le coût du travail. Pour être accompagné en tant qu’employeur, n’hésitez pas à contacter nos experts Spartes.
Foire aux questions sur les charges salariales et patronales
Quelles charges salariales pour un salaire de 2 000 € ?
Pour un salaire brut de 2 000 €, les charges salariales représentent environ 440 €, déduites directement du salaire avant versement.
Quelles charges patronales pour un salaire de 2 000 € ?
Les charges patronales s’élèvent à environ 800 € pour le même salaire, ajoutées par l’employeur au salaire brut versé.
Quel est le salaire net pour 2 000 € bruts ?
Après déduction des charges salariales, le salaire net perçu se situe entre 1 560 et 1 580 €. Un simulateur proposé par le gouvernement permet de calculer le salaire net à partir du brut ainsi que le coût total pour l’employeur, à retrouver ici.
Quel est le coût total d’un salaire de 2 000€ bruts pour l’employeur ?
En ajoutant les charges patronales, le coût total pour l’employeur d’un salaire de 2 000 € bruts est d’environ 2 800 €.
Qu’est-ce qu’une cotisation sociale ?
Une cotisation sociale est un prélèvement obligatoire sur le salaire brut servant à financer la protection sociale, comme la santé, la retraite, le chômage ou les allocations familiales.
Qui paie les cotisations sociales ?
Les cotisations sociales sont payées par le salarié (charges salariales) et par l’employeur (charges patronales). L’employeur se charge de les prélever et de les reverser aux organismes sociaux.
Quelle est la différence entre charges salariales et charges patronales ?
- Les charges salariales sont déduites du salaire brut du salarié et réduisent le salaire net.
- Les charges patronales sont payées par l’employeur et augmentent le coût total du travail.
À quoi servent les cotisations sociales ?
Les cotisations sociales financent la Sécurité sociale et les caisses publiques, assurant la couverture des risques liés à la santé, la retraite, le chômage et d’autres prestations sociales.
Comment sont calculées les cotisations sociales ?
Chaque cotisation a un taux spécifique appliqué sur une assiette déterminée, qui peut être la totalité du salaire brut ou une tranche limitée selon le type de cotisation.
Où trouver les taux en vigueur de chaque cotisation ?
Les taux exacts sont disponibles sur les sites officiels :
- Bulletin officiel de la Sécurité sociale (BOSS) pour la majorité des salariés,
- MSA pour le secteur agricole,
- Unédic pour l’assurance chômage,
- Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire.

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